dimanche 29 décembre 2013

L'instinct de l'équarisseur de Thomas Day

Précision : Le titre complet est L'instinct de l'équarrisseur. Vie et mort de Sherlock Holmes.

Avant-propos : En ce moment, je m’intéresse beaucoup à Sherlock Holmes (j’ai d’ailleurs toujours un billet en souffrance sur les quatre premières histoires des Aventures de Sherlock Holmes) et à toutes les œuvres dérivées qui lui sont consacrées ainsi qu’aux livres qui ont fait d’Arthur Conan Doyle un personnage de fiction.
Je ne sais plus exactement comment j’ai entendu parler de cet ouvrage, mais son concept m’a séduit.
À noter que contrairement à ce que je pensais au départ (à cause de son nom et du thème so british), l’auteur est français.

Mon résumé : Arthur Conan Doyle est appelé par John Halliwell Watson pour venir assister à une enquête de Sherlock Holmes dans la ville de Londen car l’ « assassin royal » se lance les traces de Jack l’Eventreur.

Mon avis : J’ai adoré l’humour de l’auteur et son univers ultra référencé (par rapport à Sherlock Holmes, mais aussi à l’histoire, à la littérature et au cinéma), même si l’ouvrage est un peu inégal.
Dans cette histoire, il existe deux mondes parallèles : celui d’Arthur Conan Doyle et le monde dans lequel vit le vrai Sherlock Holmes, assassin royal sans pitié, marié à une indienne, mais toujours adepte de drogues et maître de la déduction. Il est engagé dans une grande partie d’échecs avec Moriarty dont l’enjeu au départ est d’arriver à résoudre l’énigme de l'identité de Jack l’Eventreur.
John Watson est un inventeur célèbre. C’est le meilleur ami de Sherlock Holmes et il l’accompagne dans ses missions pour la reine Epiphany Ire.
Arthur Conan Doyle a été choisi pour relater les aventures de Sherlock Holmes, mais celles-ci sont trop extraordinaires pour qu’il les raconte telles qu’elles, alors il transforme la réalité pour qu’elle soit acceptable pour la société victorienne.
Tout au long de l’ouvrage, on croise avec plaisir des personnages célèbres dont les rôles sont plus ou moins importants et plus ou moins détournés : Oscar Wilde, Richard Burton, Sigmund Freud, Jack London, Butch Cassidy et Sundance Kid...

L’ouvrage est composé de trois parties (en plus d’une introduction drôlissime).
La première partie est absolument formidable : nos héros se lancent sur les traces de Jack l’Eventreur qui sévit à Londen comme à Londres (ce qui se passe dans l’un des mondes à une réciprocité dans l’autre). J’ai particulièrement aimé la résolution du l’énigme à Londres.
La deuxième partie m’a paru un peu longue car on se concentre sur Moriarty et sa complice.
Mais la troisième partie est plus intéressante. On retrouve nos trois héros du départ. On plonge un peu plus dans le côté fantastique puisque Moriarty se lance à la recherche du secret de l’immortalité et de ce que l’on appelle l’instinct de l’équarrisseur au pied du Machu Picchu. On va aussi découvrir l’origine du peuple Worsh qui contrôle une partie de Londen.

J’ai été séduite par l’humour un peu particulier de l’auteur (et parfois un brin graveleux). Je vous cite quelques passages : 
"Pour descendre jusqu’à celui-ci, Watson et Holmes se laissèrent glisser le long d’un mât métallique et inoxydable comme celui qu’utilisent les pompiers de Portsmouth pour gagner du temps en cas d’incendie. Il y avait sans doute quelque symbole phallique, voire une forme peu banale de communion homosexuelle dans ce rituel enfantin, mais il était probablement déconseillé de faire ce genre de remarques à quelqu’un d’aussi fasciné par la violence que Sherlock Holmes, et qui, selon les dires de son fidèle compagnon, John Halliwell Watson, claudiquait à cause d’une relation homosexuelle ayant mal tourné." 
" – Malgré votre grossièreté flagrante et votre manque d’éducation qui ferait passer une putain slave imbibée à la vodka frelatée pour une lady d’Oxford, il me reste quelque humanité me poussant à vous prévenir : si nous revenons à Baker Street sans ces ouvrages, Monsieur Holmes sera très mécontent." [Arthur Conan Doyle s’adresse ainsi au libraire de Londen Richard Burton]."
"Ici, les armes sont en vente libre, que dis-je, le gouvernement vous en offre une pour Noël si vous avez tué dans l’année écoulée plus de deux criminels recherchés, cent crotales, un prêtre papiste ou un Indien renégat. Et vous pouvez cumuler ! Il est quasiment impossible de mourir de vieillesse dans ce pays. » [au sujet des Etats-Unis dans le monde de Sherlock Holmes]. 
"Planté au beau milieu du hall de l’établissement hôtelier comme une endive en terre qui n’a pas encore connu les joies de la cuisson enroulée dans une tranche de jambon, bien plus intéressé par la peinture et son ostentation que par le billet de leur informateur-mystère, Arthur remarqua que se trouvaient, perdues au milieu de ces chefs-d’œuvre picturaux si délicats, quelques croûtes affreuses, indignes, signées par un trembloteux portant le nom par barbaresque de Pablo Ruiz Blasco y Picasso – un Mexicain ? – ; il s’agissait pour la plupart d’autoportraits d’une laideur à faire avorter une nonne."
"Holmes alluma sa pipe, toussa et regarda le Worsh  avec un air d’inquisiteur espagnol venant de mettre la main sur une pleine cargaison de sorcières dénudées et vociférantes."

En quelques mots : Un univers décalé et original, bien servi par un humour décapant et des références innombrables, même si le côté un peu inégal m’a fait passer à côté d’un coup de cœur. Je compte découvrir d’autres livres de l’auteur.

jeudi 26 décembre 2013

La bobine d'Alfred de Malika Ferdjoukh

Avant-propos : En juin, j'ai beaucoup insisté auprès de Titine pour que le challenge Hitchcock soit prolongé, mais je n'ai pas publié de billet en rapport depuis (mea culpa). Je vais tenter de me rattraper un peu grâce à ce billet. J'ai aussi Rebecca sur le feu, mais je ne pense pas que j'aurai le temps de lire le livre avant la fin de l'année.

Résumé de l'éditeurHarry Bonnet, 16 ans, fils d’un cuistot montmartrois, et fou de cinéma, se retrouve à Hollywood, sur le plateau n° 17, où il remplace au pied levé un second rôle souffrant et… tombe nez à nez avec Alfred Hitchcock. Le metteur en scène le plus célèbre du monde commence le tournage dont il rêve depuis quarante ans : l’adaptation d’une pièce de J. M. Barrie, l’auteur de Peter Pan. C’est un secret absolu. Le film porte un faux titre et Hitchcock lui-même a pris un nom de code. Mais pourquoi diable Harry a-t-il voulu voir les premières minutes du film fantôme ? Pourquoi a-t-il désobéi au maître du suspense ?

Mon avis : Je suis un peu partagée sur ce livre. Il s’agit d’un ouvrage jeunesse et je ne suis définitivement pas fan du genre. Le livre est une fantaisie autour des thèmes du cinéma et d’Alfred Hitchcock. Mais, les péripéties sont beaucoup trop rocambolesques pour moi. Le père du héros, un cuisinier, est embauché par Lina Lamont (l’actrice qui joue la partenaire de Gene Kelly qui vit mal le passage du muet au parlant dans Chantons sous la pluie), puis se retrouve « prêté » Alfred Hitchcock sur le tournage d’un film adapté de la pièce Marie Rose de JM Barrie. Harry qui a 16 ans réussit à s’infiltrer sur le tournage sans trop de problèmes. Je ne peux pas dire grand-chose de ce qu’il va lui arriver sans trop révéler l’intrigue. En tout cas, je n’avais pas vu venir la fin, mais c’est peut-être parce que je m’étais un peu détachée de l’histoire.

Si l’histoire ne m’a pas passionnée, j’ai apprécié le style de l’auteur, son humour et évidemment sa culture cinématographique. Mais surtout, j’ai été complètement séduite par les références Alfred Hitchcock et au cinéma de l’âge d’or américain. Chaque chapitre porte le titre d’un film d’Hitchcock (parfois légèrement détourné comme par exemple « L’amour aux trousses »). Le fait de retrouver Lina Lamont en tant que personnage secondaire m’a beaucoup plu. Les références dépassent largement le cinéma du maître et constituent un guide très intéressant pour ceux qui voudraient découvrir le cinéma hollywoodien de cette époque. J’aurais adoré avoir un tel ouvrage à ma disposition quand j’ai commencé à découvrir les films de cette période. Il était amusant de chercher les références cachées dans le texte de l’auteur (certaines d’entre elles ne sont pas évidentes et j’en ai sans doute manqué quelques-unes). Il y a aussi un personnage féminin fictif qui est un hommage aux actrices qui ont travaillé pour Hitchcock, mais aussi à une héroïne de Billy Wilder (je ne vous dis pas laquelle, sinon cela vous donnerait trop d’indices).


En quelques mots : Des références absolument passionnantes pour les amateurs du cinéma de l’âge d’or hollywoodien et une intrigue dont il faut accepter la fantaisie pour pouvoir profiter pleinement du livre. Au final, c'est le plaisir qui l'emporte. 






mardi 24 décembre 2013

Death comes to Pemberley de PD James

Avant-propos : Je fais l'inverse de tout le monde : au lieu de quitter la blogo pendant les vacances, j'y reviens parce que j'ai plus de temps... En plus, je présente un livre, paru en français sous le titre La mort s'invite à Pemberley, sur lequel j'avais lu pas mal d'avis négatifs ces derniers temps. Je n'avais même plus vraiment envie de le lire, mais le fait que le téléfilm adapté de cet ouvrage soit diffusé par la BBC à partir du 26 décembre m'a poussée à jeter un oeil sur les première pages (façon de parler puisque je le possède en ebook). Résultat, je ne l'ai pas lâché avant de l'avoir fini.

Mon résumé : C'est l'effervescence à Pemberley puisque tout le domaine se prépare à la tenue de l’événement de la saison : le bal de Lady Anne. Mais la tranquillité de la maison est bientôt perturbée par l'arrivée fracassante de Lydia qui annonce que Wickham a sans doute été tué...

Mon avis : Dès le départ, j'ai été happée par le prologue qui résume avec humour et une pointe d'ironie les événements d'Orgueils & Préjugés, les présentant parfois sous un jour inhabituel. PD James nous présente sa vision du livre de Jane Austen et conserve cette optique tout au long du livre. Ce n'est parfois pas ce qu'on aurait aimé (le côté aigri du colonel Fitzwilliam, par exemple), mais elle se justifie toujours.
Le début en huis-clos est particulièrement réussi. Nous nous trouvons plongés dans la description de la vie à Pemberley, où un bal est un événement majeur,où les conversations tournent autour des relations entre les personnes et des alliances potentielles, où la correspondance joue un rôle essentiel (ah ! les lettres de Lady Catherine et de Mr Collins !). Tout seulement est extrêmement respectueux des histoires racontées par Jane Austen où il n'y a pas non plus beaucoup d'événements exceptionnels. La seule transgression au départ est le fait de nous présenter les relations entre les Darcy et le personnel de Pemberley, ce que j'ai trouvé original et plutôt bien vu.

Nous retrouvons avec grand plaisir les personnages d'Orgueil et Préjugés et ils sont plutôt fidèles aux personnages originaux à commencer par le séduisant et ténébreux Wickham (qui m'a bluffée à la fin), l'égocentrique Lydia, la douce Jane, le sympathique Bingley et Darcy (qui nous livre davantage ses pensées et parfois ses faiblesses). Les deux déceptions sont le colonel Fitzwilliam qui n'est malheureusement plus le sympathique personnage fidèle et loyal de ces débuts et Elizabeth qui est assez en retrait et perd de son éclat (surtout quand elle se rappelle qu'elle aurait pu se marier avec Wickham ou Fitzwillam - bon sang Lizzie, tu as épousé Darcy quand même !). J'ai aussi pris plaisir à croiser des personnages tertiaires que j'avais oubliés comme Denny ou Mrs Younge, tandis que les nouveaux (les domestiques, Alveston) s’intègrent plutôt bien à l'histoire. L'auteur joue aussi avec notre connaissance de Jane Austen, puisqu'elle nous évoque de manière très drôle la famille Elliot ainsi qu'Emma et son amie Harriet Smith. 

La description du système judiciaire et sa critique m'ont vivement intéressée. L'importance du procès et ensuite les révélations finales m'ont paru être un hommage aux romans policiers anglais. On a l'habitude que l'enquête soit importante, mais au fin fond du Derbyshire au début du XIXe siècle, avec pour tout magistrat les notables de la région, il est plus vraisemblable que l'enquête tourne court et qu'on ne voie pas débarquer un ersatz de Lestrade. Il faut rappeler que ce n'est qu'en 1829 que la Metropolitan Police est mise en place à Londres (j'avoue ne pas connaître les dates de la mise en place des forces de police dans le Derbyshire) et plutôt dans la douleur . Les forces des Bow Street Runners qui la précèdent étaient plutôt composées de personnages hétéroclites ayant une vision très personnelle de la loi. C'est d'ailleurs bien pour cela qu'on peut lire beaucoup de policiers se déroulant à l'époque victorienne et très peu de policiers dont l'histoire prend place sous la Régence. La traditionnelle confession finale du coupable qui vient éclairer les quelques éléments laissés encore dans l'ombre est un topos des romans policiers anglais (quasiment tous les premiers Sherlock Holmes sont composés de cette façon - et je n'ai pas encore lu les autres).

Quand au style plat qui revient souvent dans les critiques que j'ai pu lire, je me demande si ce n'est pas dû à la traduction, parce que je n'ai absolument pas eu cette impression en VO, au contraire, j'ai trouvé le style assez travaillé, notamment dans la construction des phrases. J'ai retrouvé de nombreuses pointes d'ironie dans les descriptions, ce qui m'a enthousiasmée. 

En quelques mots : une bonne surprise ! L'auteur parvient à la fois à respecter l'oeuvre originale tout en s'en démarquant. J'ai hâte de voir son adaptation ! 

samedi 14 décembre 2013

L'affaire Jonathan Harker de Stéphane Tamaillon (Krine, Tome 2)

Avant-propos : J'ai lu ce deuxième tome des aventures de Krine cet été, juste après ma lecture du premier. Je n'en avais pas fait de billet. Mais, je viens de recevoir le tome trois pour l'édition Masse Critique de Babelio. Cela me semble donc plus logique de faire un billet du tome deux puisqu'il y aura forcément un billet du tome trois.

Mon résumé : En 1890, Krine est engagé par Bram Stoker pour élucider des crimes commis au Lyceum Theater. Mais, cela va l'entraîner sur les traces d'un complot qui pourrait toucher la reine…

Mon avis : Je ne me souviens plus vraiment de tous les détails du livre. Je l’avais moins aimé que le premier, mais, il faut dire que j’avais enchaîné les deux en 48 heures. Aujourd’hui, plus de quatre mois après, je me souviens de certains éléments précis qui m’avaient bien plus.
C’est grâce à ce livre que j’ai réalisé que Bram Stoker avait été administrateur du Lyceum Theater. J’avais sans doute déjà dû lire cela auparavant, mais, c’est avec Krine que je l’ai retenu. J’ai depuis recroisé ce fait à deux reprises dans deux ouvrages. J’ai aussi fait la connaissance de Sir Henry Irving, l’un des plus grands acteurs de l’époque victorienne.

J’ai beaucoup apprécié la société mise en place par Tamaillon. Il reprend certains éléments réels (workhouses victoriennes, les pontons : bateau – prison comme ceux des Grandes espérances de Dickens) pour les intégrer à son propre univers légèrement fantastique. Le livre évoque une opposition entre les Grouillants (les créatures surnaturelles) puisque certains comme Krine veulent s’intégrer à la société, tandis que d’autres comme Matthew se replient vers le communautarisme, ce qui crée d'énormes tensions sociales. 

La plus grande réussite de ce livre est toujours la façon dont l'auteur joue avec les références culturelles. En plus de ceux cités plus haut, nous croisons : l'Homme invisible, Pinocchio, Caïn, les Grées, le Sphinx et Jekyll...

Par contre, j'ai moins apprécié les rebondissements de l'intrigue. Je les ai trouvés trop nombreux (d'ailleurs, je ne me souviens même plus de la fin) et je me suis un peu doutée du rôle de Brachislavitch. C'est peut-être aussi parce que j'avais lu les deux livres rapidement. 

En quelques mots : Si j'ai été un peu moins séduite par ce tome que par le premier, j'attends quand même avec impatience de retrouver Krine et toutes les références de l'auteur dans le dernier tome de cette trilogie.




samedi 7 décembre 2013

Le bilan du challenge L'art dans tous ses états (novembre 2013)



J'ai un peu de retard pour le bilan car j'ai eu une semaine assez chargée et de plus, le bilan du mois de novembre est très fourni, pour mon plus grand plaisir !

Nous accueillant une nouvelle participante, il s'agit de Valentyne qui a publié aujourd'hui (on est déjà en décembre, mais vu que je suis en retard, je le présente dans ce bilan) un billet très intéressant sur les souvenirs d'enfance de David McNeil, fils du peintre Marc Chagall. Cela s'appelle Quelques pas dans les pas d'un ange (et personnellement, je suis très tentée).

Au  niveau des lectures :
Syl nous a présenté Parcs et jardins secrets en Limousin de Jean-Marc Ferrer et Marie-Hélène Restoin-Evert. Si, sur le moment je me suis demandée si cela entrait bien dans le challenge, le billet de Syl a ôté tous mes doutes !
Praline nous présente un essai intitulé L'Anti-musée de Robert Cantarella et Frédérich Fisbach ainsi que le célèbre Mon Musée imaginaire ou les chefs d'oeuvre de la peinture italienne de Paul Veyne. Par contre, La chimie des larmes de Peter Carey qui semblait très tentant sur le papier, se révèle être pour elle une déception.
Pietra Viva de Léonor de Récondo est un livre dont on a déjà beaucoup parlé dans ce challenge. Ce mois-ci c'est au tour de Claudialucia, Coccinelle et moi-même de le découvrir et nos avis divergent (vous pouvez retrouver les précédents liens sur mon billet).
J'ai lu un roman divertissant qui se passe dans le monde de l'art, il s'agit de Feint of art de Juliet Blackwell.

Mais ce mois-ci c'est au niveau des expositions que nous avons fait exploser les compteurs !  
Frida Kahlo et Diego Riveira, L'art en fusion à l'Orangerie chez Syl et Emma
Désirs et volupté à l'époque victorienne au Musée Jacquemart-André chez Syl, Shelbylee
La Renaissance et le rêve au Musée du Luxembourg chez Syl
Le surréalisme et l'objet au Centre Pompidou chez Claudialucia
La cime du rêve à la Maison Victor Hugo chez Claudialucia
Braque au Grand Palais chez Claudialucia, Emma
Le bilan global de toutes ses expositions chez Claudialucia
Dans ma présentation, j'avais exclu les arts pour lesquels il existait déjà un challenge, mais je n'en connais pas qui ait pour thème la couture donc je valide ces billets !
Miss Dior au Grand palais chez Emma
La mécanique des dessous au musée des Arts-décoratifs chez Emma


Enfin, Eliza et Matilda ont eu une superbe initiative et nous propose de voyager à travers leurs musées imaginaires. Elle nous invite à proposer les nôtres (j'y réfléchis !)
Le billet d'Eliza qui participe au challenge :  Mon musée imaginaire 1- Galerie de portraits

Merci à tout le monde pour ce magnifique bilan ! 

J'ai aussi repéré l'ouverture hier (6 décembre) du Musée Fin de siècle à Bruxelles qui me tente beaucoup ! 

samedi 30 novembre 2013

Pietra Viva de Léonor de Récondo

Avant-propos : La rentrée littéraire est un événement qui m’indiffère totalement. Quand j’ai vu que ce livre était proposé au match Price Minister, je me suis laissée tenter par son sujet : Michel-Ange. Ce livre a été un coup de cœur pour de nombreux blogueurs et les avis sont dithyrambiques. Mais, je suis passée complètement à côté et il ne m’a fait strictement aucun effet. Je déconseille donc à ceux qui l’ont aimé de lire mon billet.

Mon résumé : En 1505, Michel-Ange quitte Rome et se rend à Carrare pour choisir les marbres du futur tombeau de Jules II.

Mon avis : Si je devais résumer ce livre en un seul mot, ce serait l’ennui. Je m’attendais à ce que soit décrite la passion de Michel-Ange pour la sculpture et pour le marbre, mais en fait cela prend à peine un quart du livre (sur 200 pages). Il faut avouer que ce sont les passages les plus réussis, même s’ils ne m’ont pas intéressée outre mesure, à part les descriptions sur la dureté du travail et les risques que prennent les ouvriers (mais j’étais déjà au courant).
Le reste du livre est consacré à la passion de Michel-Ange pour un moine décédé qui l’a subjugué par sa beauté. Mais, Michel-Ange ne sait pas de quoi il est mort ce qui va l’obséder pendant tout le livre jusqu’à ce qu’il voit son apparition dans la rue puis dans ses rêves.
Michel-Ange fait ami-ami avec un petit orphelin qu’il va tantôt repousser tantôt prendre sous son aile. Celui-ci va le ramener à son enfance et au décès de sa mère, que l’artiste a tout fait pour oublier. Si le côté mélancolique, colérique et solitaire de Michel-Ange est plutôt bien retranscrit, j’ai quand même beaucoup de mal à croire à son amitié avec le jeune Michele. Cela ne semble pas du tout correspondre au personnage.
Nous avons aussi tout un tas de passages contemplatifs où Michel-Ange se rend dans les montagnes, dans la forêt, à la mer… Bien évidemment le but est de faire comprendre au lecteur Michel-Ange s’inspire de la nature et de ses beautés pour sculpter, mais j’ai quand même trouvé cela un peu simpliste et réducteur.
L’auteur est loué pour son côté poétique, mais je suis passée totalement à côté de sa prose.  Par exemple, une phrase revient à plusieurs reprises : « Le parfum, c’est le ciel qui s’embrasse. ». Cela ne me parle pas du tout. Quand Michel-Ange s’interroge sur son génie, cela m’intéresse. Mais quand il se pose des questions existentielles au sujet des seins de sa nourrice, cela me laisse de glace. Les aspects historiques sont survolés, l’auteur évoque rapidement Lorenzo de Médicis ou Savonarole, sans que cela serve au récit.

En quelques mots : Un style lapidaire qui m’a laissée de marbre. Décidément, la rentrée littéraire et les auteurs à la mode au cours de cet événement ne sont pas pour moi. Mais, de nombreuses personnes ont eu un coup de cœur pour ce livre, je veux bien le faire voyager si cela intéresse quelqu’un.

Merci à Price Minister pour l’envoi de ce livre.


D'autres avis nettement plus positifs chez Praline, Valou, Eimelle, Camille
Claudialucia avait émis quelques réserves en rapport avec les miennes. 






lundi 25 novembre 2013

La fille du temps de Joséphine Tey

Avant-propos : Voici un des livres que j'ai le plus détesté cette année. Je l'ai lu en août et depuis mon avis n'a pas changé d'un iota. Pourtant, ce livre a gagné de nombreux prix et son auteur est très réputé.

Mon résumé : L'inspecteur Alan Grant s'ennuie à l'hôpital. Une de ses amies, pour le distraire, lui propose de résoudre une énigme historique. Son choix se porte sur Richard III.

Mon avis : Beaucoup d"éléments m'ont gênée dans ce livre. 
Tout d'abord, ce qui pousse le personnage principal à enquêter est le fait qu'il trouve que, sur son portrait de la National Portrait Gallery, Richard III n'a pas l'air d'un meurtrier. Sans parler du fait que cette théorie est ridicule (on ne porte pas sur son visage le fait d'être un meurtrier - ça se saurait - mais admettons car les théories physionomistes étaient encore un peu en vogue dans les années 1950, moment de la rédaction du livre), on sait très bien que les portraits ne représentent pas l'exacte physionomie du modèle. 
Bref, comme Richard III l'air sympa, il ne peut pas avoir tué ses neveux (les célèbres Princes de la Tour qui ont disparu en 1483).


L'hypothèse en elle-même de chercher à résoudre le crime à 500 ans de distance ne me dérange pas et les éléments qu'il pense trouver ne me perturbent pas non plus. Par contre, pour un soi-disant super enquêteur, je ne comprends pas qu'il ne pose pas la seule question qui me semble importante : "où sont donc passés les princes après 1483 ?"
Selon lui, les princes n'ont pas été tués par Richard III et donc n'ont pas disparus en août 1483 et même leur mère savait qu'ils étaient vivants. Quand quelqu'un disparaît, la première chose à faire est de retrouver les derniers moments où on l'a vu. Il devrait donc chercher leurs traces après août 1483. Mais bizarrement, cette idée ne lui traverse jamais l'esprit. [A mon avis tout bêtement, parce qu'on n'a aucune trace des princes après août ce qui invalide toute sa théorie].

On dit souvent que ceux qui n'aiment pas ce livre ne supporte pas son hypothèse : Henri Tudor serait responsable de la disparition des princes (et Richard est gentil à cause de sa bonne tête). Mais ce n'est pas le problème, ce n'est pas la première fois qu'Henri Tudor est accusé. D'ailleurs, l'auteur reconnaît elle-même qu'elle n'est pas la première à émettre cette hypothèse (elle est trop forte, elle se tire elle-même une balle dans le pied).
Ce qui m'a vraiment écœurée est le discours sur le fait que les historiens ne soient pas capables de comprendre la psychologie des personnages, alors qu'un inspecteur totalement inculte du milieu du XXe siècle le peut (il ne savait même pas qui était Richard III). 
L'auteur mélange l'histoire scolaire, l'histoire romancée et le fait de rechercher des sources au British Museum (en respectant pour la peine la méthode historique) en mettant tout sur le même pied. Elle trouve scandaleux qu'à l'école primaire, on n'entre pas dans les détails de la vie de Richard III (honteux, n'est-il pas ? je pense qu'ils devraient apprendre toute la généalogie des York et des Lancaster par coeur). Le héros va chercher des indices dans un roman historique du type de ceux de Philippa Gregory et ne comprend pas pourquoi les historiens n'en parlent pas (peut-être parce que c'est un roman????????????). Il trouve que Thomas More ne dit pas la vérité, pire c'est un vendu aux Tudor (quand on sait qu'il a fini exécuté pour haute trahison sur ordre d'Henri VIII, ça fait quand même bien rire) et je ne vous parle même pas de Shakespeare. Bref, on nous cache tout, on ne nous dit rien, la confrérie des historiens a pour but de masquer la vérité, pas seulement pour la mort des princes, mais pour tout événement historique ! Attention, tous les historiens sont des menteurs ! [ce qui n'empêche pas le fait que le personnage secondaire soit un historien et que le personnage principal lui dise çà sans qu'il réagisse].

En quelques mots : Ce livre est un ramassis de propos dignes du café du commerce (et encore, c'est méchant pour les gens du café). Même si j'occulte son discours sur l'histoire, l'intrigue policière n'est pas crédible. 

Et après ? : Et après rien du tout, je ne lirai pas d'autres livres de l'auteur, je boude même une série de Nicola Upson qui se passe dans les années 30 parce que Joséphine Tey en est l'héroïne, pourtant elle y rencontre Hitchcock et ça à l'air bien. 

dimanche 24 novembre 2013

La reine clandestine (The White Queen) de Philippa Gregory (The Cousins' war, Tome 1)

Avant-propos : Je suis en train de dicter ce texte avec mon nouveau logiciel de reconnaissance vocale. Ça fait un peu bizarre de parler toute seule, mais je suis assez satisfaite du résultat. Comme j’ai beaucoup de billets en attente, dont bon nombre sont déjà écrits mais pas tapés à l’ordinateur, je compte me servir de ce logiciel pour rattraper un peu mon retard.

J’avais annoncé ce billet il y a très longtemps sur Facebook, puisque j’ai fini le livre en août. Je m’étais alors prise de passion pour la guerre des Deux-Roses. J’avais eu envie de voir la série télévisée The White Queen (que je n’ai toujours pas regardée depuis). Je voulais aussi lire le livre dont elle est adaptée, mais j’avais été échaudée par Deux sœurs pour un roi du même auteur. J’ai découvert que ma bibliothèque avait le livre The White Queen, publié en français sous le titre La reine clandestine et je l’ai aussitôt emprunté.

Mon résumé : Angleterre, 1464, Élizabeth Woodville rencontre Édouard IV qui revendique le trône d’Angleterre face à Henri VI. Les York s’opposent aux Lancaster. Au milieu de ce déchaînement de passions, Édouard tombe sous le charme d’Élizabeth et l’épouse en secret.

Mon avis : Si les règnes de ses prédécesseurs et de ses successeurs évoquent quelque chose pour moi, je n’arrivais pas à rattacher celui d’Édouard IV à quelque événement. Ce livre divertissant permet une entrée en matière sympathique dans cette période (ô combien riche en événements) qu’est la guerre des Deux-Roses dans sa partie finale. Philippa Gregory réussit à nous présenter de manière assez claire les principaux (et innombrables) protagonistes de cette période. Ici, les noms et les titres sont répétés fréquemment ce qui permet aux novices de ne pas se perdre.

Si cette période fascine autant, c’est surtout pour les multiples rebondissements qui ont lieu et les innombrables complots fomentés par des personnages assoiffés de pouvoir. Il est en effet difficile de déterminer quel est le personnage le plus machiavélique : Édouard IV, ses frères George et Richard, le comte de Warwick, le duc de Buckingham ou même Henri Tudor… Les femmes ne sont pas en reste, Élizabeth Woodville et sa mère tentent de nouer des alliances pour accroître le pouvoir de leur famille.

Au niveau de l’histoire avec un grand H, je m’attendais à bien pire. Si bien évidemment les événements sont romancés, le livre permet toutefois de mettre en avant certains événements historiques importants (bataille de Barnet, bataille de Tewkesbury, l’année 1483) ce qui permet de nous repérer facilement. Souvent Philippa Gregory choisit la version fondée sur les rumeurs, plutôt que la réalité historique attestée. Mais, elle n’invente pas ces rumeurs, elles existaient déjà à l’époque. Par exemple, elle raconte que George, le frère d’Édouard IV, a été noyé dans un tonneau de vin. Nous n’en avons aucune preuve, mais il faut avouer que c’est hautement romanesque. J’ai trouvé aussi qu’elle livrait un portrait assez nuancé de Richard de Gloucester. Je m’attendais à ce qu’elle traite plus de sa légende noire, mais cela n’a pas été le cas.
J’ai été agréablement surprise par le fait que l’histoire d’amour des protagonistes passe assez vite à l’arrière-plan. J’avais un peu peur de devoir subir les multiples descriptions de leurs ébats, mais cela n’a pas été le cas.


Le principal point noir reste l’utilisation de la sorcellerie. Au départ, la vision de la sorcellerie me semblait plutôt « réaliste ». Élizabeth Woodville jette une cuillère dans l’eau et fait plusieurs fois le tour d’un arbre avec un fil ce qui doit lui apporter un mari. Qui n’a jamais même aujourd’hui eu ce type de superstition au cours de son adolescence ? (si telle chose se produit, ça veut dire que tel homme va m’appeler…) Mais, malheureusement, la fin devient ensuite risible. Une malédiction devient la cause d’un problème au bras pour Richard. Élizabeth (ou sa fille, je ne sais plus) semble capable de déchaîner les eaux de la Tamise. C’est dommage.

En quelques mots : L’auteur nous permet de nous plonger dans la guerre des Deux-Roses et de nous y repérer facilement. Les spécialistes de la question trouveront sans doute beaucoup de faiblesses à cet ouvrage, mais il m’a grandement aidée à me repérer dans ce dédale d’événements. Grâce à ce livre, j’ai facilement compris quels étaient les personnages de la pièce Richard III de Shakespeare (et pourtant, il y a de quoi s’emmêler les pinceaux). Actuellement, je me souviens toujours du rôle de chacun des personnages.

Et après ? : J’ai dans ma PAL la suite en anglais car elle n’a pas été traduite en français. Il s’agit de The Red Queen qui reprend l’histoire de Margaret Beaufort (mère d'Henri Tudor) puis the Kingmaker’s daughter qui reprend l’histoire des sœurs Neville.
J’ai lu et adoré la pièce Richard III de Shakespeare (j’essayerai d’en faire un billet). J’ai aussi lu et détesté La fille du temps de Joséphine Tey (billet aussi sans doute). Je compte aussi lire une biographie historique de Richard III (sans doute celle d'Aude Mairey). Enfin, j’ai récupéré chez une amie, tous les tomes de la série de Paul C. Doherty qui se déroule pendant la guerre des Deux-Roses à Canterbury.

vendredi 22 novembre 2013

Désirs et volupté à l'époque victorienne au Musée Jacquemart-André


Avant-propos : J'attendais cette exposition de pied ferme depuis qu'elle a été annoncée il y a presque un an. Je vais tuer le suspense : je l'ai beaucoup aimée, mais je pense qu'il y a quelques éléments qu'il faut savoir avant d'aller la voir (et je remercie les blogueuses - en particulier Summerday - qui ont essuyé les plâtres pour moi, parce que j'étais prévenue) :

  • les salles sont très petites. On peut même se demander la validité du terme "salle" quand celle-ci ne contient que 3 oeuvres (2 de Waterhouse mais quand même). Et il y a donc un critère qu'on ne maîtrise pas du tout : l'affluence. J'ai eu la chance de pouvoir visiter l'exposition alors qu'il n'y avait à chaque fois que 3 à 4 personnes par salle, de commenter tranquillement les oeuvres et de m'approcher pour voir les détails. Je suis seulement tombée sur un groupe dans la dernière salle (coup de chance, c'est la moins intéressante). 
  • il n'y a aucun commentaire sous les oeuvres, juste un panneau explicatif au début de chaque salle. Summerday m'avait conseillé l'audioguide, mais ayant une mémoire visuelle et non auditive, je suis vraiment réfractaire à cet objet. Je me suis rabattue sur le livret explicatif (à 2€50) qui est vraiment très bien fait car il reprend toutes les oeuvres, tous les panneaux explicatifs des salles et apporte en plus des explications sur certains tableaux. Au prix de l'entrée (11€), il aurait pu être gratuit, mais il vaut franchement l'achat. Il m'a aussi évité de devoir noter le nom de toutes les oeuvres d'art. 
  • l'exposition a un peu "survendu" le côté préraphaélite. Si vous ne connaissez rien du mouvement, vous n'en connaîtrez pas plus en sortant. Il s'agit d'une collection composée en grande majorité d'oeuvres du préraphaélisme tardif ou de seconde génération, qui n'a donc rien à voir dans la plupart des cas avec la véritable confrérie préraphaélite (ou  PRB) à part la proximité thématique. Personnellement, je le savais dès le départ et j'étais particulièrement attirée par cette exposition pour cela, puisque elle présentait des oeuvres que je n'avais jamais vues en vrai, voire même jamais vues reproduites dans un livre (il faut dire que j'ai eu la chance de voir deux grandes rétrospectives sur les préraphaélites de la première génération - une à Rome et l'autre à Londres)
  • la boutique est une grosse déception (j'y reviendrai à la fin)
Les avertissements sont donnés, je vous présente maintenant mes toiles préférées par salle (j'ai essayé de me restreindre à une ou deux toiles par salle, mais le choix a été très dur !)

Salle 1 : Désirs d'Antique

Ces roses...
Les roses d'Héliogabale de Sir Alma-Tadema (1888)

La reine Esther d'Edwin L. Long (1878)

Salle 2 : Beautés classiques 

J'ai adoré le jeu sur les transparences...

Le Quatuor, hommage du peintre à l'art de la musique
d'Albert J.Moore (1868)

Les couleurs du tableau ci-dessous ne reflètent pas vraiment la réalité, mais je n'ai pas trouvé mieux...

Moïse sauvé des eaux
de Frederick Goodhall (1885) 

Salle 3 : Burne-Jones, muses et modèles 

Un coup de coeur
Pygmalion. Les désirs du coeur
de Sir Edward Burne-Jones (1871)
Salle 4 : Femmes fatales

La boule de cristal
de John Waterhouse (1902)
Salle 5 : Héroïnes amoureuses 

Mon coup de coeur absolu (et une des raisons pour lesquelles je tenais à voir cette exposition) . Le livret m'a appris la légende à l'origine de ce tableau : pour autoriser le mariage de sa fille, un roi demande à son prétendant de la porter jusqu'en haut d'une montagne. Voyant qu'il ne va pas y arriver, elle supplie le jeune homme de renoncer (il n'est pas dit s'ils décèdent). 

La Couronne de l'amour
de Sir John Everett Millais (1875)
Des détails merveilleux...
Le sentier de l'amour n'a jamais été facile
de Talbot Hughes (1896)

Salle 6 : L'harmonie rêvée 

Des ors incroyables... (sur le tableau parce qu'en reproduction pas trop)

Les remparts de la maison de dieu
de John Strudwick (vers 1889)
Salle 7 : La volupté du nu 

Je n'aime pas particulièrement le tableau, 
mais j'adore ce bleu incroyable 
(pour le coup, plutôt bien retranscrit en reproduction) 
et le mouvement du voile

Andromède
de Sir Edward Poynter (1869)

Salle 8 : Le culte de la beauté 

Ce port de tête... 
Beauté classique
 de John Godward (1908)

La révélation : John Strudwick 

Je ne connais Strudwick que depuis l'an dernier, grâce à une carte postale que m'avait envoyée Syl. J'avais fait quelques recherches sur internet et j'ai été heureuse de découvrir ses tableaux au cours de cette exposition (même s'il a un gros problème avec les orteils de ses personnages). 

Le Temps jadis (vers 1907)
 Une oeuvre incroyable sur le cycle de la vie 
Les jours passent (1878)
 
Elaine (vers 1891) 
En quelques mots : une richesse incroyable pour une collection privée (collection Pérez-Simon), même si le classement thématique ne me semble pas des plus pertinents. Je suis quand même ressortie émerveillée par ces tableaux. Vous pouvez la voir jusqu'au 20 janvier 2014. 

Par contre, la boutique a été une déception. Les couleurs des tableaux n'étaient pas particulièrement bien retranscrites (notamment pour les Strudwick) et les tableaux choisis pour orner les carnets et autres produits dérivés n'étaient pas mes préférés (je me demande qui choisit les oeuvres à mettre en avant car quasiment dans chaque boutique de musée, ils tapent à côté, et franchement pour ne pas me faire acheter quelque chose après une exposition, il ne faut pas être doué). 
Je suis quand même repartie 2 marques-pages Strudwick de taille éléphantesque (malgré leurs couleurs toutes ternes) et le Millais en carte postale (plutôt jolie par contre).

D'autres billets chez Syl, Titine, Claudialucia, Summerday



jeudi 21 novembre 2013

Les apparences de Gillian Flynn

Avant-propos : Difficile d'échapper au phénomène Les Apparences de Gillian Flynn qui squatte les premières places de tous les classements depuis sa sortie en grand format en 2012, puis en poche cette année. Je me méfie comme la peste de ces "meilleurs thrillers de l'année" car j'ai été très souvent déçue par des auteurs ultra-médiatisés (Linwood Barclay, Sebastien Fitzek, RJ Ellory pour ne citer qu'eux). J'ai donc choisi d'emprunter Les Apparences à ma bibliothèque de peur de subir une énième déception...

Mon résumé : Nick et Amy semblent former un couple modèle. Mais quand celle-ci disparaît, les événements nous révèlent que les apparences sont bien trompeuses... 

Mon avis : Difficile de parler de l'intrigue puisque une bonne partie de l'intérêt de ce livre est de se laisser surprendre par l'histoire. Une bonne partie, mais pas tout l'intérêt. J'ai découvert avec un plaisir immense le style de l'auteure : incisif, percutant, parfois familier (mais jamais de manière gratuite). Mais surtout, j'ai été ébahie par la finesse de son analyse psychologique et sociétale. Réduire ce livre à la catégorie thriller, c'est un peu comme dire que Jane Austen n'est qu'une auteure de romance. Gillian Flynn n'a pas son pareil pour décrire la lente décomposition d'un couple, les non-dits qui créent ensuite des distances, les compromis que l'on ne veut pas faire, mais auxquels on cède par amour de l'autre. Nick et Amy ne voulaient pas être un couple comme ceux de leurs amis, ils voulaient être capables de continuer à vivre leur vie habituelle tout en étant ensemble, mais à force d'éviter les compromis, ils ont laissé s'installer le ressentiment. Pourquoi cet autre qui partage ma vie ne devine-t-il pas ce que je veux puisqu'il est censé me connaître mieux que personne ?  se demande Amy en organisant chaque année des chasses au trésor où Nick est supposé trouver les réponses aux énigmes dans les événements vécus ensemble au cours l'année (et où il échoue à chaque fois lamentablement).

C'est aussi un livre ancrée dans l'actualité. La crise actuelle est décrite de manière concrète, réaliste, à l'échelle humaine. Nick et Amy ont tous les deux perdus leur travail et ont été obligés de quitter New York. Ils s'installent dans la petite ville du Missouri dont Nick est originaire. Celle-ci est loin d'être épargnée par la crise : le gigantesque Mall qui faisait la fierté des environs et qui était le principal employeur de la ville a fermé. Il est alors squatté par des chômeurs à la dérive.

L'auteure nous livre aussi une réflexion sur le monde des médias que ce soit au sujet de la disparition de la presse traditionnelle ou bien de la course à l'information et la surenchère spectaculaire auxquels ils se livrent. La justice n'est pas épargnée non plus, l'avocat qui va entrer en scène semble être un expert des relations publiques avant d'être un as du barreau. Sans compter le petit monde des psychologues, représentés par les parents d'Amy qui ont écrit une série de livres jeunesse où ils semblent façonner leur fille sur le papier à défaut d'y arriver dans la réalité.

La construction de l'oeuvre fait aussi toute sa force. L'auteure alterne les points de vue entre celui de Nick suite à la disparition de sa femme et le journal d'Amy que l'on découvre au fur et à mesure. Les révélations s'ajoutent les unes aux autres tandis que les événements nous apparaissent sous un jour totalement différent selon le narrateur. Au départ, Amy m'a semblé froide. Puis, je l'ai trouvée, ensuite beaucoup plus sympathique tandis que les éléments s'accumulaient contre le gentil Nick, puis on doute à nouveau. Qui croire des deux protagonistes ? Lequel nous ment ?
Le climax ne se situe pas à la fin du roman mais à la fin de la première partie. J'avais toutefois deviné ce qui s'était passé (quand on a éliminé l'impossible...), mais ce n'est pas particulièrement dérangeant car l'auteure va nous donner à voir les éléments encore d'une autre manière. Même si j'ai continué à aimer le style des deuxième et troisième parties, j'ai trouvé que les événements étaient quand même un peu trop énormes pour être plausibles. Mais, on est tellement pris dans le roman que, sur le coup, ça passe comme une lettre à la poste (après on se dit que c'était un peu trop). La fin quant à elle est diaboliquement originale et au final, tout le monde à ce qu'il mérite selon moi.

En quelques mots : Cette fois, les apparences ne sont pas trompeuses : j'ai aimé ce livre qui aurait été un coup de coeur si l'auteure avait évité quelques rebondissements trop rocambolesques à la fin (mais le début est une merveille).

Et après ? J'ai déjà emprunté Les lieux sombres du même auteure et j'attends avec impatience la sortie du film, même si je vois mal comment cette histoire va être mise en images. Je trouve que Ben Affleck correspond tout à fait à l'idée que je me suis faite de Nick (idée un peu biaisée toutefois puisque je savais avant ma lecture qu'il avait été choisi). J'imagine pour l'instant mal la sylphide Rosamund Pike dans le rôle d'Amy mais j'aime cette actrice et je lui fais confiance. Je trouve aussi que Neil Patrick "Barney" Harris est extrêmement bien choisi pour le rôle de Desi.  Et plus que tout, je fais confiance à David Fincher qui n'est rien moins qu'un de mes réalisateurs préférés. Mais le film ne sortira que dans un an !


dimanche 17 novembre 2013

Ainsi puis-je mourir de Viviane Moore

"Même en fuyant l'on est pris ; Ce qui me donne la vie me cause la mort ; Les deux n'en font qu'un ; Ainsi puis-je mourir..." Maxime gravée sur le linteau de la cheminée du château de Tourlaville.

Avant-propos : Je connais (et j'apprécie) Viviane Moore grâce à ses romans médiévaux . J'avais repéré ce livre dont le thème changeait un peu dès sa sortie en grand format. Je l'ai acheté en poche hier et je l'ai déjà fini (vous pouvez donc en déduire qu'il m'a plu).

Mon résumé : Gabrielle Dancel, écrivain, revient de sa lune de miel avec Philip Sedley. Ils emménagent dans le château de Tourlaville, demeure qui a connu bien des drames au cours des siècles, notamment celui de Julien et Marguerite de Ravelet dont Gabrielle décide d'écrire l'histoire. Mais rapidement Gabrielle découvre que son mari lui a caché bien des secrets...

Mon avis : Ce que j'ai le plus apprécié dans le livre, c'est l'ambiance étouffante que met en place Viviane Moore. Gabrielle est une jeune femme qui s'est mariée rapidement (un mois après sa rencontre avec son mari). Elle a toujours aimé ce château de Tourlaville et a rêvé d'y habiter. Son mariage lui semble un conte de fées dans les premiers temps, mais quand elle emménage dans le château, elle découvre que son mari emploie une inquiétante gouvernante ainsi que bon nombre de domestiques. Elle apprend aussi qu'ils vont faire chambre à part (alors qu'ils vivent au début du XXIe siècle). La demeure l'angoisse, surtout quand elle se retrouve seule la nuit avec ses craquements. Tous ces éléments m'ont fait penser à Rebecca de Daphné Du Maurier (que je n'ai pas lu).
Gabrielle tente de passer au-dessus de tous ses éléments et de s'adapter, surtout qu'elle-même cache bon nombre de secrets à son mari. Elle se plonge dans l'écriture de l'histoire (véridique) de Julien et Marguerite de Ravelet qui ont vécu sous Henri IV et dont l'histoire va peu à peu sembler faire cruellement écho à la vie de Gabrielle. Devient-elle paranoïaque ou bien son mari est-il vraiment un homme dangereux ?
Au début du roman, les éléments sont un peu longs à se mettre en place, mais rapidement nous sommes plongés dans 2 histoires que l'on n'a plus du tout envie de lâcher avant de connaître le dénouement final de chacune d'entre elles [et même quand on le connaît (je savais comment cela se finissait pour Julien et Marguerite)].
J'ai aimé la finesse de l'auteure sur un sujet extrêmement glissant (l'inceste). Elle ne condamne jamais les sentiments de Julien et surtout ceux de Marguerite (sans les approuver bien évidemment), mais s'en sert pour évoquer le destin cruel de cette jeune fille (mariée à 13 ans à un homme qui la battait) et sauvée de cette emprise à 16 ans par son frère. On comprend qu'elle puisse éprouver des sentiments extrêmement intenses pour lui qu'elle niera d'ailleurs avec force. Leur destin est vraiment émouvant et a déjà inspiré Barbey D'Aurevilly.
J'ai aussi aimé les nombreuses références à la littérature que ce soit celle du XVIe siècle Amadis de Gaule ou bien une très belle allusion au Horla de Maupassant, ainsi que des références plus contemporaines.

En quelques mots : Après un début un peu lent, l'atmosphère de secrets et de mystères nous emporte jusqu'aux dénouements des 2 histoires qui sont particulièrement émouvants. Je suis au bord du coup de coeur.

Et après ? : Cela donne évidemment envie de visiter le château de Tourlaville (ou des Ravalet) près de Cherbourg qui a aussi appartenu à la famille de Tocqueville. Et je pense enfin lire Rebecca.

mardi 12 novembre 2013

Du tag (s)

Il y a quelques mois (août), j'ai été taguée par un certain nombre de blogueuses et j'ai reçu des versatiles award et autres tag des 11 questions. J'avais dit que j'y répondrais, mais je n'ai pas eu le temps. Voici avec un peu beaucoup de retard mes réponses pour Camille, Noctembule, La Lyre et Romanza (mais elle ne m'avait pas posé de questions). 


Sept révélations ébouriffantes. (Le versatile demandait 7 révélations, le tag des 11, 11, mais bon comme j'en ai déjà fait un certain nombre et que je n'ai pas eu 11 idées, je reste à 7...)
1. J'aime faire des puzzles (spéciale dédicace). 
2. Mon appareil photo s'est suicidé et je suis en manque. Je pense que je vais en acheter un vendredi.
3. Samedi, je vais à Paris pour enfin voir Désirs et voluptés (l'expo pour ceux qui ne suivraient pas) et plus si affinités (je parle d'autres expos, si j'ai le temps). 
4. Je me prépare psychologiquement à la présence de gens lors d'une exposition (encore plus parisienne). J'aimerais être toute seule quand je visite les expos. 
5. Je songe à m'acheter un logiciel de reconnaissance vocale pour dicter mes billets de blog (entre autre) parce que même si je tape relativement vite, les démos que j'ai vues sont impressionnantes. Peut-être y aura-t-il plus de billets alors ! 
6. En ce moment, je n'ai pas trop le temps de laisser des commentaires sur les blogs. Je continue de venir et de vous lire toutefois. 
7. Je me rends compte que je vieillis parce que j'oublie des choses. J'avais une excellente mémoire, je n'oubliais presque rien. Et maintenant, je rame pour retrouver le nom d'un auteur, d'un acteur, les dates anniversaires de mes proches, me souvenir si ce livre ou ce dvd je l'ai déjà...

Les questions de Camille :

1. A quelle fréquence consultes-tu ton blog et les articles des copines?
Tous les jours, plusieurs fois par jour. Je n'allume pas l'ordi le matin avant de partir au boulot (pas le temps), mais c'est la première chose que je fais quand je rentre. Je regarde facebook sur mon tel, mais je ne peux pas vraiment pour les blogs, en tout cas, je ne peux pas commenter depuis mon tel (il est vieux, il a au moins 3 ans^^)
2. Quels sont tes autres loisirs?
Le cinéma, les séries TV, l'art.
3. Imagine que tu peux faire ressusciter deux auteurs morts; qui sont-ils?
William S pour voir en lui parlant si c'est bien lui qui a écrit ses pièces ;-) et lui dire à quelle point elles me bouleversent. Jane Austen pour lui dire qu'elle est devenue l'une des auteures les plus célèbres au monde et qu'elle a inventé le fantasme de beaucoup de femmes. Et notre Charlie aussi ce serait bien. Et les soeurs Brontë en particulier Emily pour savoir d'où lui vient toute cette violence.
4. Est-ce que les écrivains d’aujourd’hui te transportent davantage que les auteurs d’hier?
Mon coeur penche pour les morts^^ Mais il y a toujours des exceptions à la règle et encore heureux, je fais parfois de très bonnes découvertes parmi les contemporains. Mais rarement chez les auteurs français à quelques exceptions près (JM Erre, Carole Martinez pour ne citer que 2 de mes coups de coeur de l'an dernier).
5. Quel est-pour le moment- ton livre préféré de l’année 2013?
Dark Island de Vita Sackville-West car c'était une rencontre totalement inattendue. Et Le Grand livre de Connie Willis. Et plus classiquement De grandes espérances, Hamlet et Richard III (comment ça t'avais pas dit 5 ? ^^)
6. Et celui que tu n’as pas aimé?
Je ne colle pas beaucoup de 1/5 en note pour les livres mais 2 y ont eu droit cette année : Coup de foudre à Austenland de Shannon Hale et La fille du temps de Joséphine Tey.
7. Si tu tombes sur un navet, es-tu du genre à jeter le livre à la poubelle?
Non, j'évite, je respecte l'objet. En plus pour les deux ci-dessus, le Hale était sur ma liseuse et le Tey était un emprunt biblio.
8. Quels sont les ingrédients indispensables pour qu’un livre te plaise?
Qu'il me surprenne. Qu'il ne corresponde pas à l'idée que je m'en étais fait. Ou à l'inverse pour une série, que les personnages ne changent pas trop et que j'aie l'impression de retrouver de vieilles connaissances.
9. Tu préfères te retrouver sur île avec Anne Perry ou Agatha Christie?
Je dirais Anne Perry parce que je n'ai jamais été fan d'Agatha Christie. Avec Anne, on parlerait de l'époque victorienne tous les jours, ce serait fun.
10. Tu es invitée à une soirée, tu ne peux pas refuser, et tu te demandes si tu ne vas pas perdre ton temps; prends-tu un livre au cas où?
J'adore le fait que tu te poses cette question. Je ne prendrais pas un livre, mais je prendrais mon kindle. Après oserai-je le sortir ?...Il faudrait vraiment que je m'ennuie beaucoup.
11. Imagine qu’Internet disparaît de la Terre, black out total, bref, c’est la fin des blogs. Que fais-tu?
Je pense que du coup il y aura quand même des problèmes un peu plus urgent à régler^^ Comment vivre sans électricité / chauffage / frigo...

Les questions de Noctembule

1) Quel est ton premier souvenir de lecture?
Aller à ma bibliothèque de quartier chercher des livres et qu'on me tamponne les vieilles fiches bristol pour dire que je les avais empruntés.
2) Quel livre offriras-tu à quelqu’un qui n’aime pas trop lire et que tu as vraiment aimé?
Je choisis toujours des livres en fonction des centres d'intérêt des personnes. S'ils aiment le cinéma, je leur demanderai quel est leur film préféré et à partir de là, je trouverai un livre en rapport.
3) Vas-tu emprunter des livres à la médiathèque?
Oui, c'est redevenu une drogue. Je dois faire beaucoup de kilomètres pour y aller (une centaine) et j'en emprunte beaucoup trop. Et du coup, j'achète beaucoup moins de livres (ce qui est bien pour mon porte-monnaie et mon appart, moins bien pour l'économie du livre)
4) Qu’est ce qui t’a donné envie de créer un blog autour de tes lectures?
De lire les autres blogs littéraires et de vouloir partager mes lectures avec ces personnes qui semblaient avoir les mêmes goûts que moi.
5) Comment choisis-tu tes lectures?
Beaucoup grâce à la découverte de titres que je note sur les blogs. Quelques autres par les recommandations que Babelio ou Goodreads me donnent. Et puis, il y a ceux que j'ai toujours eu envie de lire.
6) Combien de livres te restent-ils à lire dans ta PAL?
Au 2 novembre : 184 livres papiers et 90 ebooks ^^ 
7) Combien de temps peux-tu rester sans lire?
Depuis que j'ai le blog, j'ai dû lire tous les jours au minimum quelques pages sans exception. Avant, je dirais quelques semaines, mais c'était quand même assez rare.

Les questions de La Lyre
1. Quel roman as-tu le plus lu, et pourquoi?
Il y en a beaucoup que j'ai lus 2 ou 3 fois, mais aucun qui se distingue. Souvent ce sont des séries, parce que quand on en est au 5, il faut recommencer à 0, de même que quand on arrive au 10e tome...
2. Si tu étais un personnage de fiction, qui serais-tu?
En ce moment, je suis très Sherlock Holmes, alors tant qu'à faire autant être lui (même avec les défauts).
3. Cite trois films qui t’ont bouleversée.
Ma vie sans moi d'Isabel Coixet. Une jeune femme sait qu'elle va mourir et fait tout pour vivre pleinement ses derniers mois. 
Hugo Cabret parce que même si c'est en partie romancé, c'est tout de même en partie l'histoire de méliès et elle m'a bouleversée. 
Le secret de Brokeback Mountain. Et je n'ai toujours pas pu revoir un film avec Heath Ledger depuis sa mort. 
4. Alberto Manguel a dit "Nous sommes ce que nous lisons". Que lis-tu?
En ce moment La longue attente de l'ange. Je suis donc un ange ?
5. Si tu pouvais posséder n’importe quelle oeuvre d’art, laquelle choisirais-tu?
Dur, dur, dur. Du Pré-Raphaélite forcément. N'importe quel tableau de ce mouvament, je ne suis pas difficile.
6. Quel est le mythe qui te touche le plus?
Je n'ai jamais été très mythe. Je les ai appris pour décoder les tableaux. Mais c'est le tableau qui me touche.
7. Une destination de rêve?
New York. Je connais très bien la ville, mais je n'y ai jamais mis les pieds. Ca me frustre.
8. Quelle est la chose sans laquelle tu ne peux t’imaginer sortir de chez toi?
Mes clés. Pour pouvoir y rentrer.
9. Si tu pouvais ressusciter un auteur, afin qu’il continue à écrire, qui choisirais-tu?
Emily Brontë. Parce qu'un seul livre, c'est vraiment trop peu.
10. Ta dernière belle découverte musicale?
Je ne suis pas très musique en ce moment. Ca fait longtemps que je n'ai pas découvert une chanson.
11. "La Terre est bleue comme une orange". Un avis?
On aurait été mal si elle avait été violette comme un citron (désolée, c'est la fatigue)

J'espère n'avoir oublié aucun tag ! Evidemment, je ne tague personne ! 

samedi 9 novembre 2013

Feint of art de Juliet Blackwell (Annie Kincaid, Tome 1)


Avant-propos : Même si sur la couverture le nom de l'auteure est Hailey Lind, on trouve plus souvent ce livre référencé (comme je l'ai fait) sous le nom de Juliet Blackwell. Hailey Lind est le pseudonyme de 2 soeurs lorsqu'elles écrivent ensemble comme cela a été le cas pour cette première aventure d'Annie Kincaid.

Mon résumé : Annie Kincaid est appelé par Ernst Pettigrew, son ex-petit-ami, pour authentifier en secret une oeuvre du Caravage, récemment acquise par le Brock, musée où Ernst travaille mais dont Annie a été renvoyée quand les directeurs ont découvert son passé : elle est la petite-fille d'un des plus célèbres faussaires du XXe siècle qui l'a formée au cours de sa jeunesse, avant qu'Annie ne décide de suivre le droit chemin. Annie annonce à que son tableau est un faux. Le lendemain le tableau et Ernst ont disparu...


Mon avis : Voici une série-détente fort sympathique qui se situe dans le monde de l'art.
Annie Kincaid est trentenaire, célibataire (comme il se doit dans ce genre de série) et a une fâcheuse tendance à s'attirer des problèmes. Il faut dire qu'au cours de son adolescence, son grand-père, le célèbre faussaire George LeFleur, l'a initiée à la copie des oeuvres des grands maîtres. Ce qui vaut à Annie d'être arrêtée pour son 17e anniversaire. Elle choisit ensuite d'employer ses dons pour trouver une activité légitime, tout d'abord dans les musées, jusqu'à ce que son passé refasse surface, puis en montant sa propre entreprise de "faux finishing", c'est-à-dire qu'elle crée pour des particuliers des éléments de décoration qui ont l'air ancien (un faux escalier en marbre, un faux tableau d'ancêtres...).
Quand son ex-petit-ami disparaît, Annie va se lancer à se recherche, surtout qu'elle connaît le faussaire qui a peint le faux Caravage : il s'agit du meilleur ennemi de son grand-père. Evidemment, elle a une certaine tendance à se fourrer dans les pires situations et à tomber sur un certain nombre de meurtriers et donc de cadavres. Elle rencontre aussi un mystérieux détective privé qui ne la laisse pas indifférente. Si Annie a mis fin à sa carrière de faussaire, on sent bien dans certaines de ses réactions que parfois elle le regrette et se retrouve souvent en train de flirter avec la légalité.
L'humour est évident présent que ce soit dans les paroles ou les actions d'Annie, mais aussi et surtout dans les citations qui introduisent chaque chapitre et qui sont des réflexions sur l'art écrites par le grand père d'Annie qui a beaucoup de difficultés à ne pas voir célébrer son talent de faussaire. Il écrit donc ses Mémoires où il compte révéler le noms de certains tableaux accrochés dans les musées qui ne sont en fait que des contre-façons et où il évoque son travail et tous les problèmes du monde de l'art selon lui (les citations ont été traduites par moi-même).
"Un faussaire intelligent a un avantage décisif dans toute situation légalement embarrassante : les collectionneurs, les marchands d'arts et les musées ne veulent pas rendre publique leur crédulité."
"Si une imitation procure autant de plaisir qu'un original qui peut dire qu'elle a moins de valeur?"
 J'ai d'ailleurs été agréablement surprise par le fait que ce qui touche à l'art n'est pas traité avec légèreté. Les auteurs connaissent le sujet et évoquent de manière intéressante le monde de l'art aujourd'hui que ce soit au niveau de ses acteurs (marchands, galeristes, directeurs de musée) ou bien des ses techniques (anciennes, nouvelles ou bien comment faire une contrefaçon).

En quelques mots : Annie Kincaid fait penser à Stephanie Plum dans le monde de l'art. Une lecture fort sympathique, mais disponible seulement en ebook et en VO.

Et après ? : J'ai déjà téléchargé la suite des aventures d'Annie.


mardi 5 novembre 2013

Le signe des Quatre d'Arthur Conan Doyle (Sherlock Holmes, Tome 2)

Avant-propos : Syl a entraîné plusieurs d'entre-nous dans une folle épopée : lire l'intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Comme j'avais lu Une étude en rouge juste avant d'ouvrir mon blog, je ne rejoins le groupe que pour la deuxième aventure. Si je connais assez bien l'univers du détective grâce à toutes les oeuvres dérivées, c'est la toute première fois que je lis les aventures de Sherlock Holmes...

Mon résumé : Sherlock Holmes s'ennuie quand se présente à lui une jeune femme, Mary Morstan, qui veut l'engager pour l'aider à élucider le mystère des lettres qu'elle reçoit chaque année depuis la disparition de son père. Watson, quant à lui, tombe immédiatement sous le charme de Mary...

Mon avis : J'aurais dû écrire mon billet à la fin de ma lecture car mes souvenirs sont déjà un peu flous, contrairement à Une étude en rouge dont j'ai l'impression de mieux me souvenir alors que je l'ai lu il y a plus d'un an et demi. Cela ne tient pas à la qualité du livre mais sans doute plutôt à son propos.
L'histoire nous fait partir en Inde et nous évoque la célèbre révolte des Cipayes que j'ai déjà croisée à plusieurs reprises cette année et de ce fait, je mélange un peu toutes ces histoires (notamment la jeune orpheline et le trésor indien maudit ce qui fait que tout à coup, je trouve l'intrigue de La malédiction du rubis beaucoup moins originale - même si Pullman développe d'autres thèmes quand même).

Ce qui m'a beaucoup frappé dans cette aventure, c'est à quel point l'univers d'Holmes m'est familier. Qu'on évoque le fait qu'il soit spécialiste de boxe, qu'il utilise la fameuse solution à 7% pour se droguer, qu'il aille chercher le chien Toby ou obtienne l'aide du jeune Wiggins ou encore que lorsque l'on élimine l'impossible, il reste l'improbable, tous ces éléments me sont connus sans que j'aie jamais lu un de ces livres.

Nous découvrons aussi Mary Morstan  dont Watson tombe instantanément amoureux. Le personnage n'a pas une grande présence dans le roman, mais son sens de l'observation a été loué par Sherlock himself, même s'il déplore le malencontreux romantisme de Watson.

Le livre nous offre aussi une sombre histoire de vengeance, un  assassinat dans une pièce fermée à clé et un mystérieux message laissé sur le cadavre. Comme d'habitude, Sherlock nous éblouit par sa science de la déduction, même si c'est le coupable lui-même qui éclairera les dernières zones d'ombres de l'histoire.

J'ai beaucoup aimé le petit clin d'oeil de Conan Doyle à son ami Bram Stoker puisque un des lieux de rendez-vous de l'histoire est Le Lyceum Theater dirigé à l'époque par le (futur) père de Dracula.

En quelques mots : Une intrigue sympathique et comme la première fois assez dépaysante (après les Etats-Unis, les Indes). En tout cas, je suis séduite !

Et après ? : La suite ! Avec Un scandale en Bohême et la découverte d'Irène Adler....Et peut être aussi une adaptation (celle avec Jeremy Brett).

Les billets de la fine équipe de Oh Sherlock you are merveilleux : Fanny